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TRANSITION ÉCOLOGIQUE DES TERRITOIRES Lumière nocturne : quand l’éclairage public devient enjeu d’aménagement urbain !
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3 avril 2018

Bruno Rebelle animait le 27 mars la conférence débat « Lumière nocturne » à Annecy. Cet évènement programmé dans le cadre du lancement de la stratégie lumière du Grand Annecy a réuni de nombreux élus, des représentants associatifs et le grand public.

Cette rencontre a permis d’aborder les différents enjeux de la transformation des systèmes d’éclairage public : considération des possibles impacts sur la santé et l’environnement du déploiement des LED ; promotion d’un urbanisme nocturne prenant en compte les attentes des différents usagers ; sécurité et réduction de l’éclairage ; confort visuel et protection du ciel étoilé…

L’éclairage public est devenu un élément « naturel » des aménagements urbains, au sens où nous ne nous posons plus la question de savoir si cette composante de l’environnement urbain est nécessaire, utile ou indispensable. La démarche TEPOS dans laquelle le Grand Annecy est engagé (au côté du PNR des Bauges, et des agglomérations d’Aix les Bains - Grand Lac et du Grand Chambéry) invite à analyser chaque composante de l’organisation du territoire à l’aune de sa possible optimisation au service de la transition écologique et énergétique. Ainsi, l’optimisation de l’éclairage public pour réduire la facture énergétique est l’occasion d’une réflexion plus approfondie et plus transversale sur la place de la lumière nocturne sur le territoire.

Le débat a bénéficié des apports particulièrement riches de cinq intervenants de grande qualité.

Alain VAN DER HAM Président Rhône Alpes de l’Association Française de l’Éclairage a souligné le caractère quasiment inéluctable de la révolution LED rappelant les nombreux avantages de cette technologie – réduction de 60 à 60 % des consommations, grande flexibilité d’utilisation, et coûts de maintenance, fortement diminués.

David HICKS Directeur de recherche à l’Institut de Neurosciences Cellulaires et Intégratives de Strasbourg a lui attiré l’attention des participants sur les perturbations possibles de l’horloge biologique humaine par l’excès d’éclairage nocturne, évoquant les effets bloquant de la lumière bleue sur la sécrétion de mélatonine – hormone de l’endormissement, et soulignant également la possibilité d’éliminer ces effets en choisissant des gammes de lumière adaptées.

Pascal MOESCHLER Conservateur du Muséum d'histoire naturelle de la ville de Genève s’est attardé à la fois sur les mesures permettant de limiter les nuisances de l’éclairage nocturne sur la biodiversité.

Florence Colace Architecte - éclairagiste Service de l'aménagement, du génie civil et de la mobilité à ville de Genève a pu présenter le retour d’expérience du « Plan lumière » de la ville de Genève qui depuis 2009 permet de réduire la dépense annuelle de 40% alors que seulement 50% du parc d’éclairage a été traité. Elle a souligné l’attention portée par sa ville à promouvoir un éclairage de l’usage autant que de l’image. Cette stratégie, qui n’ignore pas la mise en valeur du patrimoine – l’image – met toute de même l’accent sur les besoins des habitants – l’usage – dans leur diversité : piétons, automobilistes, commerçants.

Enfin, Patricia Sajous, enseignante et chercheure en géographie et aménagement à l'Université du Havre a rappelé l’importance de la parole des usagers sur ce sujet, encore trop souvent considéré comme essentiellement technique, alors même que l’enjeu est selon elle de promouvoir un véritable urbanisme nocturne, c’est à dire un urbanisme qui s’intéresse aux usages de la ville la nuit.

Les échanges qui ont suivi ont permis de mesurer à la fois la sensibilité des habitants aux questions liés à l’éclairage public mais aussi la nécessité de promouvoir une approche nouvelle en considérant que la sobriété en la matière ne nuisait pas à la sécurité et au contraire améliorait la qualité de vie. Les participants ont salué la qualité des échanges et l’intérêt de ce questionnement transversal. Les élus ont apprécié le travail de préparation et l’animation assurée par Transitions, soulignant comme l’a fait un des intervenant « qu’il n’y a pas de bonnes conférences débats sans bon animateur »…

Le dernier mot est revenu à Pascal Moechler rappelant que la préservation de la vision nocturne du ciel étoilé, ne pouvait que nous aider à « revenir à l’essentiel » !

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